Pourquoi le cirque rassemble des générations / Franz Carl Weber

Franz Carl Weber

Pourquoi le cirque rassemble des générations


Un blog post de Stefan Milius




Je ne suis pas retournée au cirque depuis mon enfance. Pourquoi ? Difficile à dire. Je pensais peut-être que ce n’était pas fait pour les adultes, ou bien je me disais : « Y aller une fois, c’est suffisant; c’est toujours la même chose : des artistes, des animaux et des clowns sous un chapiteau. » En plus, il me suffit aujourd’hui d’appuyer sur le bouton de ma télécommande pour voir des performances artistiques et des comiques, et découvrir le monde animal à la télévision. Alors, franchement, pourquoi aller au cirque ?

2016 aura été l’année de ma conversion : je suis allée au Cirque Knie avec mes filles de 5 et 7 ans, parce qu’en Suisse cela fait tout simplement partie de l’enfance et parce qu’à leur âge elles ne pouvaient pas vraiment s’y rendre toutes seules. Une fois sur place, je me suis demandé comment j’avais pu oublier à quel point cet univers était merveilleux. J’étais un peu en colère contre moi pour avoir fait une pause artistique de près de 30 ans. Toutes ces années perdues me désolaient, car j’avais tort. Totalement tort.

Oui, il y a toujours des artistes au cirque. Oui, les animaux restent, aujourd’hui encore, un élément central du spectacle. Oui, on mange une glace avec les enfants pendant l’entracte. Et oui, il y a des numéros de clowns. Mais la comparaison avec des émissions de télévision quelconques est absurde et indéfendable, car aller au cirque est une expérience globale. Ce sont les orgues de Barbarie qui vous accueillent avec leur musique de fête foraine, l’odeur du pop-corn et de la barbe à papa, les employés vêtus de leur caractéristique costume rouge aux boutons dorés, ou encore les animaux qui attendent leur passage dehors sous un pavillon.

Mais c’est surtout le spectacle en lui-même, ce mélange incomparable de passion et de perfection ultime. Mes filles n’ont pas vraiment pris conscience que les acrobates réalisaient des numéros exceptionnels, car elles n’avaient pas de point de comparaison, mais elles se sont émerveillées. Elles ne se sont pas non plus rendu compte du travail que représentaient les numéros avec les animaux, mais ce qu’elles ont vu les a fascinées. Pendant deux heures, elles sont restées admiratives, les yeux pétillants et, surtout, silencieuses. Jusqu’à présent, seul le cirque a réussi cette prouesse.

Quant à moi, je n’ai eu, pour être franche, d’yeux que pour un seul artiste – ou presque : David Larible. Je ne sais pas comment se mesurent les performances d’un clown mais une chose est sûre : je pourrais le regarder pendant des heures. Qu’il soit seul dans le manège ou accompagné de spectateurs qu’il vient chercher à leur place et intègre à ses numéros de façon amusante, son humour est renversant et reste bon enfant. Pas étonnant que, cette année, le programme de Knie s’appelle « Smile ». Alors, je l’avoue : lorsque, à la fin du spectacle, David Larible s’est retransformé en « civil » devant le miroir, j’en ai ravalé ma salive. Il ne s’agissait plus de simples pitreries mais de poésie.

En quittant le cirque, mes filles m’ont demandé si nous y retournerions. « Bien sûr », ai-je dit, « mais seulement l’année prochaine quand il y aura le nouveau programme. Sinon, nous verrions la même chose », leur ai-je expliqué. Et, d’une seule voix, elles m’ont répondu: « Et alors ? »

Exactement. Et alors ?


La 98e tournée débutera le 17 mars 2016 et sera présentée dans 41 lieux sur le territoire suisse entier, jusqu'au 20 novembre 2016.
KNIE





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